Seneffe : « Les efforts des cafés n’ont pas été récompensés »


02 décembre 2020

Depuis le 19 octobre, les portes du Relais de la Samme sont fermées. Suite aux décisions prises lors du dernier Comité de concertation, le café seneffois ne pourra rouvrir aux clients avant le mois de février.

Quand Frédéric Charlier décroche son téléphone, il est justement en route vers son bistro. A peine le temps de désactiver l’alarme de son établissement que le ton est déjà donné : « Ces fermetures successives de l’HoReCa nous laissent deux possibilités en tant que patrons. Soit continuer à payer nos charges comme habituellement soit les laisser s’accumuler, ce qui revient à s’endetter. J’ai choisi la première option parce que mes 20 ans de carrière me le permettent. Évidemment, tous les cafetiers n’ont pas cette chance et beaucoup se retrouvent dans la seconde situation. »

Une situation que les aides financières de l’Etat améliorent à peine. « Depuis l’annonce de la fermeture il y a six semaines, je n’ai reçu que la moitié du droit passerelle accordé aux indépendants. C’est dérisoire, cela ne suffit même pas à assurer le paiement du loyer et des charges de mon établissement ! »

Frédéric Charlier comprend les raisons de cette mise à l’arrêt de l’HoReCa. Cependant, il estime que les efforts des cafetiers pour continuer leur activité n’ont pas été récompensés : « nous avons dû acheter du gel hydroalcoolique, organiser des tables en petit comité et ventiler l’intérieur. Et finalement, nous sommes le premier secteur à fermer et le dernier à rouvrir… »

Les restaurants et les cafés, lieux de contamination privilégiés

Pourquoi accorder un traitement différent aux cafés et restaurants par rapport aux autres commerces ? Pour le gouvernement fédéral, c’est parce que le virus s’y propage plus facilement que dans d’autres lieux. Une étude américaine citée par la RTBF va dans ce sens mais préconise de diminuer le taux d’occupation de ces établissements plutôt que de les fermer. Pour notre cafetier seneffois, ce n’est pas une bonne idée. « Il faut mettre tout le monde dans le même panier. Comment pourrait-on par exemple expliquer à un café bruxellois que d’autres cafés peuvent rester ouverts dans des plus petites villes ? Cela serait vraiment incohérent. »

Le gérant du Relais de la Samme, qui fête les 20 ans de son bistro cette semaine, espère pouvoir reprendre son activité en février, moment fixé par le fédéral pour réévaluer la situation de l’HoReCa.

Nathan Scheirlinckx

Crédit photo : Facebook – Le Relais de la Samme