Nivelles refuse un pillage organisé du trésor du Saint-Sépulcre


09 mars 2021

L’arrivée du printemps marque l’éclosion des jonquilles du Bois du Saint-Sépulcre à Nivelles. Leur cueillette est une tradition locale, dans le respect de règles strictes. Les autorités de la ville appellent au bon sens citoyen.

Qui dit beau temps, dit printemps. Et qui dit printemps, dit jonquille. À cette époque de l’année, le Bois du Saint-Sépulcre de Nivelles se colore des tapis fleuris de jonquilles qui, à l’image des jacinthes du Bois de Hal, en constituent le symbole. 

Cette période incite à la promenade printanière et constitue une tradition bien ancrée dans les foyers nivellois, notamment le 17 mars, jour de la Sainte Gertrude, patronne de la ville, où la cueillette d'une jonquille fait office de symbole. "À Nivelles, il y a une tradition qui est d’aller au Bois du Saint-Sépulcre en cette période de jonquilles, les tchambouréyes comme on dit en wallon, nous glisse Pierre Huart, le bourgmestre. Il existe une promenade dont le nom officiel est Daler à tchambouréyes au bo du Spluc, soit Aller à la cueillette des jonquilles au Bois du Saint-Sépulcre."

L’arrivée des beaux jours entraîne dans son sillage une foule de promeneurs, désireux de fleurir leur quotidien par la cueillette de ces narcisses. Une ritournelle printanière qui s’accompagne, malheureusement, de quelques débordements. "J’ai été alerté, ce week-end, de la présence de nombreuses personnes, malgré le froid, relate Pierre Huart. Des gens sont sortis avec des gros bouquets, c’est la raison pour laquelle aujourd’hui, il est important de rappeler le code forestier."

Ce code précise que la cueillette de fleurs ou de champignons fait partie des activités de loisir. Il en autorise la cueillette, pour autant que la récolte soit de petite quantité, pour des besoins purement personnels et sans but commercial. "Cela veut dire qu’il est possible de cueillir les jonquilles pour son plaisir personnel. Mais, il ne s’agit pas d’aller en cueillir des dizaines voir des centaines et, surtout, ne pas les revendre sur le marché, comme on a pu le voir samedi passé, avertit-il. Les bouquets vendus doivent compter 40 à 50 unités. Il est incertain qu’il s’agit de jonquilles de notre bois, mais il est bon de rappeler, chaque année, l’interdiction de dépareiller le Saint-Sépulcre."

Sacs poubelles remplis

Par le passé, le Bois a été victime de pillages organisés par des gens extérieurs à la ville, désireux d’en tirer un avantage commercial. Une situation qui avait contraint le bourgmestre à envoyer la police pour constater les dégâts. Plusieurs personnes, munies de sacs poubelles remplis de jonquilles, avaient d’ailleurs été interpellées. Face à de tels excès, les autorités tentent d’adopter des mesures respectueuses du patrimoine et des libertés individuelles d’en profiter.  

"On pourrait envisager d’en interdire l’accès, mais c’est un lieu public, fréquenté par des randonneurs, des joggeurs et des vététistes. Il faut trouver un équilibre entre tous les usagers pour que le bois soit respecté et, surtout, qu’on puisse garantir la reproduction de la flore qui s’y développe. Toutes les interdictions sont possibles. Le tout, c’est de savoir les contrôler. Mettre des policiers en permanence, c’est impossible. Il faut faire appel à la raison de chaque personne et les sensibiliser au fait que, prendre les jonquilles arrachées avec leur bulbes ne permettra pas d’assurer la pérennité de cette fleur du bois du Saint-Sépulcre." Au risque de menacer une tradition nivelloise qui se perpétue de générations en générations.

Loïc Struys

Crédit photo: pixabay