Genappe : Gérard Couronné 30 ans de mayorat

23 mars 2019

1989-2019, cela fait 30 ans que Gérard Couronné est devenu bourgmestre de Genappe. Un mayeur qui a été renforcé aux dernières élections grâce à 2.375 voies de préférence et 18 sièges obtenus sur les 25 que compte le conseil communal. L'occasion de le rencontrer pour tirer un bilan sur son mandat et évoquer l'évolution de la commune. 

Quel est l’événement qui vous a le plus marqué en 30 ans de mayorat ? 

« L’un des événements qui m’a le plus marqué c’est bien évidemment mon premier mandat. Il résulte des élections de 1988. Je suis devenu bourgmestre en 1989. Nous n’avions pas de liste majoritaire à l’époque, nous avions dix élus sur 23. Le bourgmestre sortant est socialiste et les socialistes avaient fait six sièges à l’époque. C'était une bonne chose pour moi, ils se sont divisés et trois m’ont rejoint. Nous avons formé une majorité avec dix PRL (MR aujourd’hui) et trois socialistes. Ce qui m’a permis d’occuper le poste de bourgmestre. 

D'autres faits m'ont aussi marqué à jamais. La disparition de mon échevin des travaux il y a une dizaine d’années et celui d'une jeune conseillère communale de 35 ans en 2014, des suites d'une rupture d’anévrisme. Ce sont des faits marquants dans la vie d’un homme et dans celle d’un mandataire. »

En 30 ans, avez-vous vu une évolution dans la gestion de la commune ?

« La différence est importante, tout s’est complexifié contrairement à ce que l’on pense. On parle de simplification administrative depuis des années, mais ce n’est pas vrai. L’informatique n’a rien simplifié. Il a probablement accéléré les échanges, mais la complexité est là. On a aussi multiplié les obligations de présence du bourgmestre. Je suis très présent à l’hôtel de ville, j’y suis tous les jours, j’arrive vers 9 h, je repars manger chez moi sur l’heure de midi et je retourne ensuite à l'Hôtel de ville jusqu’à 18 h. En plus de cela, je passe également beaucoup de temps dans des réunions extérieures qui n'existaient pas avant. Par exemple, il n’y avait pas de zone de police. Aujourd’hui nous sommes dans la même zone de police que Nivelles. Cela veut dire qu’il y a un conseil et un collège de police. On vient de créer il y a deux ans la zone de secours dans laquelle je suis inscrit au collège et dans la concertation syndicale avec 26 autres communes du Brabant wallon.
La gestion d’une commune n’a plus rien à voir avec ce qu'il se faisait il y a 30 ans. Je me souviens que mon prédécesseur arrivait vers 11 h, allait saluer le secrétaire communal et le garde champêtre avant de lire son courrier. Il rentrait ensuite déjeuner chez lui. C’est impensable aujourd’hui, même pour un bourgmestre d’une commune de taille moyenne comme Genappe. Être bourgmestre est un job à temps plein. Être échevin est un job à mi-temps. C’est indispensable ». 

Qu’est-ce qui vous motive à continuer ? 

« J’ai toujours été motivé, non pas par la politique au sens strict du terme, mais par la gestion communale. J’habitais Glabais étant étudiant. C’était une petite commune de 500 à 600 habitants pour sept élus. À cette époque déjà, j’allais assister aux réunions du conseil communal de Glabais. Ceci explique que je sois très disponible aujourd’hui. Je peux mettre en pratique toute l’expérience que j’ai eue en tant que secrétaire communal de Braine-l’Alleud. J’ai plusieurs gros dossiers en cours et je voudrais bien évidemment les amener à bonne fin ».

Justement, pouvez-vous nous donner plus de détails sur ces dossiers ?

« Premièrement, nous allons créer une maison de repos publique en collaboration avec le CPAS. Il y a une petite quinzaine d’années, nous avions rénové une partie du centre-ville, nous allons maintenant réaliser la deuxième partie qui est appelée communément “l’Ilot Mintens”.


Nous sommes également en train de rénover l’ancienne sucrerie qui avait fermé ses portes en 2003. Nous avons fait appel à une société pour créer des logements sur une partie des 140 hectares du site initial. Nous sommes aussi en train de finaliser un plan d’ensemble sur le reste de la zone que nous n’avons pas encore retravaillée. Ce plan prévoit qu’une septantaine d’hectares soient voués à rester une zone naturelle. Nous construirons également des PME et deux écoles secondaire, entre autres. Actuellement, il n’y a pas d’école secondaire à Genappe.
Nous envisageons également de bâtir une maison de repos. Le plan est d’ailleurs presqu’en phase finale à l’heure qu’il est.


L’un des derniers gros dossiers concerne l’installation d’un terrain de football et de nouveaux vestiaires.
Enfin, je souhaite réellement m’investir dans la transition énergétique, environnementale et écologique. Je voudrais améliorer les problèmes qui concernent le climat et les déchets. Je suis de plus en plus convaincu que ces thématiques sont indispensables pour ne laisser que le meilleur à nos enfants et nos petits-enfants ».

Votre commune est active sur le zéro déchet...

« Oui ! Nous avons un service environnement dans la commune qui est très actif sur le sujet et, de façon générale, dans ce qui traite de la transition environnementale. Je pense que c’est important, on ne peut plus ignorer ces problèmes. Le climat est aujourd’hui d’actualité, c’est dommage que cela ne soit pas encore une préoccupation mondiale. C’est cela qu’il faudrait espérer : que tous les pays et continents y soient sensibilisés. Mais nous en sommes loin. Il nous appartient de montrer l’exemple. Et je veux que ma commune montre l’exemple ».

Avez-vous un message pour les Genappiens ? 

« Je voudrais d’abord les remercier pour leur confiance. 30 ans ce n’est pas banal, cela me fait plaisir. Cela me conforte dans l’idée que ma gestion n’est probablement pas trop mauvaise. Et le message aux Genapiens, c’est qu’il faut avoir confiance en l’avenir. Mais il faut se motiver pour que cette confiance soit confirmée notamment en ce qui concerne la transition énergétique et le climat. Il faut se mobiliser ».

Élise Vandermeerschen 
Crédit photo : MR Genappe